Cardinal Le Camus

Étienne Le Camus (1632, Paris - Grenoble, 1707), fils du conseiller d’Etat Nicolas le Camus, devient très jeune aumônier du Roi. A la cour, il devient l’ami de Bossuet. A l’âge de 18 ans, il se voit délivrer un doctorat en théologie de la Sorbonne.

Ses liens avec Benserade, Vivonne ou Bussy le font remarquer par Mazarin, et il est exilé momentanément à Meaux. Rappelé à la cour grâce à Colbert, il se retiree en 1665 à l’abbaye trappiste de Rancé, où il découvre une certaine forme d’ascétisme qui le conduira plus tard chez les jansénistes de Port-Royal (bien qu’il semble qu’il s’agisse plus d’un goût pour la discipline spirituelle que d’une véritable conception doctrinale).

En 1671, il est fait, contre son gré, évêque de Grenoble. Zélé jusqu’à l’excès, il reprend en main le diocèse. Il fonde deux séminaires et plusieurs institutions charitables. Intermédiaire entre Rome et Versailles dans « l’affaire de la régale », il s’oppose courageusement à Louis XIV. Et c’est logiquement lui que choisit le pape Innocent XI pour l’élever au rang de cardinal, en lieu et place du candidat du Roi, Harlay. Louis XIV se vengera en empêchant le nouveau cardinal d’aller à Rome recevoir les insignes de sa dignité avant 1689.

Deux lieux patrimoniaux lient plus particulièrement le Cardinal Le Camus au plateau, la chapelle des Angonnes et, surtout, le château d’Herbeys. A l’époque, l’évêché de Grenoble possède en effet un château sur la commune d’Herbeys, la « Tour Quarrée ». Etienne Le Camus transformera celle-ci en un château digne de ce nom, faisant, pour cela, déplacer l’église, la cure et le cimetière, et abattre 3 ou 4 maisons. Surnommé le « cardinal des montagnes », on lui doit également un précieux inventaire de l’état des églises et chapelles locales.



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